Tu cherches que faire à Majunga, cette ville du nord-ouest de Madagascar dont presque aucun guide francophone ne parle ? Autant te le dire tout de suite : je ne suis pas une touriste ici. Majunga, c’est chez moi. C’est la ville de mes parents — je suis née à Paris, mais c’est là que j’ai ma maison de famille, et j’y retourne tous les trois ans. Dans ce carnet de voyage, je te partage le rituel de la corniche, ce qu’on y mange vraiment, la plus belle plage de la région et la saison à éviter absolument. Alors, suis le guide.
Majunga ou Mahajanga ? Où se trouve la ville
D’abord, une précision qui évite bien des confusions : Majunga et Mahajanga désignent la même ville. Mahajanga est le nom malgache officiel, Majunga la forme française héritée de la période coloniale. Les deux s’utilisent encore, y compris sur place.
Ensuite, la géographie. La ville se trouve sur la côte nord-ouest de Madagascar, à l’embouchure de la Betsiboka, face au canal du Mozambique. C’est la quatrième ville du pays, avec un peu moins de 250 000 habitants.
Surtout, garde ton hublot pour l’arrivée. Dans les dernières minutes de vol, on survole le delta de la Betsiboka : des bancs de sable ocre et des chenaux orange vif, une palette que je n’ai vue nulle part ailleurs. Puis la piste arrive par l’eau, et jusqu’à la dernière seconde on ne voit que le canal.

On a l’impression d’atterrir sur la mer. Ça ne rate jamais.
Comment aller à Majunga : dix heures de route ou quarante-cinq minutes d’avion
Depuis Antananarivo, tu as deux options, et elles n’ont rien à voir.
Par la route, compte environ 570 kilomètres par la RN4, soit une bonne dizaine d’heures de voiture. C’est faisable, c’est même magnifique par endroits, mais c’est long et éprouvant. Ne le tente pas si tu arrives d’un vol long-courrier.
Par les airs, quarante-cinq minutes. C’est sans hésiter la solution la plus pratique, et c’est celle que je recommande si ton séjour est court.
Dix heures contre quarante-cinq minutes : le calcul est vite fait.
Que faire à Majunga : la corniche et son baobab
Si tu ne dois retenir qu’une seule chose de tout cet article, c’est celle-là. À Majunga, la vie se passe sur le bord de mer.
Tous les week-ends, la corniche se remplit : les jeunes, les familles, les anciens, tout le monde descend. Les tuk-tuks jaunes tournent, les vendeurs s’installent, et l’on reste là jusqu’à la nuit tombée. C’est le rituel de la ville, et c’est ce qui me manque le plus quand je suis à Bruxelles.
Par ailleurs, c’est sur cette même corniche que se dresse le baobab emblématique de Majunga, un colosse de quatorze mètres de circonférence. Impossible de répondre à la question que faire à Majunga sans passer par là au moins un soir : éclairé la nuit, au milieu du rond-point, il sert de point de rendez-vous à toute la ville.

Vas-y en fin d’après-midi, quand la lumière dore le canal. Un moment suspendu.
Que manger à Majunga : brochettes, achard de mangue et pakopako
Voilà la partie que tu ne trouveras nulle part ailleurs, parce qu’il faut être d’ici pour la connaître. Majunga est connue pour ses brochettes, grillées le soir le long de la corniche, sur des tables installées à même le trottoir.
On ne les mange jamais seules. On les accompagne d’achard de mangue : de la mangue verte râpée, relevée, servie dans un petit bol à partager. C’est acide, c’est vif, et ça équilibre exactement le gras de la viande grillée.
À côté, commande du pakopako : une galette salée à base de farine de riz et de coco, dorée sur le gril. Peu de visiteurs en ont entendu parler, et c’est pourtant le meilleur souvenir de table que je ramène de chaque séjour.

Enfin, le geste le plus simple de tous : le coco glacé. Sur le bord de mer, des étals empilent les noix vertes sous des pancartes qui annoncent « misy coco glacé ato » — il y a du coco glacé ici. On te l’ouvre devant toi, on y plante une paille, et tu repars le boire en marchant face au canal.

Brochettes, achard, pakopako, coco glacé. La soirée parfaite tient en quatre mots.
Antsanitia, la plus belle plage — et pourquoi il te faut un 4×4
Majunga compte de nombreuses plages. Le Grand Pavois et la Petite Plage sont les plus proches et les plus fréquentées. Mais la plus belle, sans discussion possible, c’est Antsanitia.

Attention toutefois : elle se mérite. Antsanitia est nettement plus loin de la ville, et la piste qui y mène est franchement accidentée. Il te faut un 4×4 — ce n’est pas une coquetterie, c’est une condition.
Sur place, tu trouveras l’Antsanitia Resort, un écolodge quatre étoiles installé sur un domaine de vingt-deux hectares, face à l’estuaire de la Morira. La terrasse domine un immense banc de sable, la piscine regarde la mer, et l’on y passe la journée sans jamais avoir envie de reprendre la voiture.


D’ailleurs, ne sois pas surprise si tu partages le sable avec des zébus : ils descendent brouter les algues au bord de l’eau, tranquillement, entre deux vagues. C’est l’image que je garde d’Antsanitia.

Mais quelle récompense !
Quand partir : évite absolument la saison des pluies
Voilà le conseil pratique le plus important, et celui que les gens négligent le plus.
À Majunga, la saison des pluies s’étend de novembre à la mi-avril. Le mois de janvier à lui seul reçoit près de 490 millimètres de pluie, répartis sur dix-huit jours. Autant dire que ce n’est pas le moment.
À noter : la saison cyclonique de l’océan Indien couvre grosso modo la même période, de la mi-novembre à fin avril. Ce n’est pas un détail, c’est un risque réel sur cette côte.
En revanche, de mai à octobre, il ne tombe pratiquement rien : quelques millimètres par mois, un climat sec et venté. C’est la fenêtre à viser, les yeux fermés.

Pourquoi Majunga n’est pas une destination comme les autres
Tu l’auras compris en lisant ces lignes : je ne te parle pas d’un endroit que j’ai visité. Je te parle d’un endroit d’où je viens.
Mes parents sont de là-bas. J’y ai une maison de famille, et j’y retourne environ tous les trois ans. Ce n’est pas un voyage, c’est un retour — et ça change complètement la façon dont on regarde une ville.
C’est aussi pour ça que je te conseille de prendre ton temps ici. Majunga ne se « fait » pas en deux jours entre deux étapes : elle se vit au rythme des fins de journée sur la corniche.
✨ Alors, que faire à Majunga ?
Au fond, savoir que faire à Majunga, c’est accepter de ralentir : une journée à Antsanitia en 4×4, des brochettes et de l’achard de mangue sur la corniche, un coco glacé au pied du baobab. Trois gestes, et la ville est à toi.
Ce n’était pas un voyage. C’était un retour.
Si les longs vols te font peur, va lire mes astuces de beauté en avion et ma checklist bagage cabine avant de partir.
Et toi, tu partirais à Majunga pour la plage d’Antsanitia ou pour les brochettes de la corniche ?