Des murs ocre, des portes cloutées, une odeur d’épices à chaque coin de rue et des jardins où l’on vient respirer : que faire à Marrakech quand on n’a que quelques jours ? La ville rouge se visite à pied, se savoure lentement, et surprend même celles qui croient déjà tout connaître du Maroc. Dans ce carnet, je te partage la médina, les tombeaux saadiens, le jardin Majorelle, la Ménara et mon riad. Alors, suis le guide.

Ce carnet date de mon premier séjour à Marrakech. J’ai remis toutes les informations pratiques à jour pour qu’il te serve vraiment aujourd’hui.
Que faire à Marrakech : l’essentiel avant de partir
D’abord, la bonne nouvelle : Marrakech est à environ trois heures et demie de vol de Bruxelles, sans décalage horaire notable. On paie en dirhams, une monnaie qui ne s’exporte pas — tu changeras sur place, et tu garderas toujours de petites coupures pour les taxis et les pourboires.

Ensuite, la saison. Privilégie mars à mai ou septembre à novembre : il fait doux, les jardins sont en fleurs et les terrasses sont praticables. En juillet et août, le thermomètre dépasse régulièrement les 40 °C et la médina devient éprouvante. L’hiver est agréable en journée mais les nuits sont froides — les riads chauffent peu.
Par ailleurs, côté tenue : Marrakech est habituée aux visiteurs, mais la médina reste un quartier où l’on vit. Épaules et genoux couverts, un foulard léger dans le sac, et tu circuleras infiniment plus tranquillement. À noter aussi que la médina se fait à pied : les ruelles sont trop étroites pour les voitures, et le GPS y perd régulièrement le nord.
Enfin, une mise à jour importante. Le séisme d’Al Haouz de septembre 2023 a endommagé une partie du patrimoine de la médina, classée à l’UNESCO. Depuis, la restauration avance bien : la Koutoubia a rouvert après remise en état de ses colonnes et de ses plafonds, et environ sept mosquées endommagées sur dix ont repris leur activité. Quelques sites restent toutefois en chantier — vérifie l’ouverture des monuments que tu vises avant de te déplacer.

La médina, les souks et la place Jemaa el-Fna

Le cœur de Marrakech, c’est sa médina — un labyrinthe de ruelles fondé au XIᵉ siècle et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. On s’y perd, forcément, et c’est un peu le but. D’ailleurs, un conseil : plutôt que de lutter, repère deux ou trois points de repère (la Koutoubia, une porte, une place) et laisse-toi porter.

Dans les souks, on marchande — c’est un usage, pas un affrontement. Annonce environ un tiers du prix demandé, souris, prends ton temps, et n’aie pas peur de repartir. Surtout, ne te laisse pas guider par quelqu’un qui s’est proposé spontanément dans la rue : la promenade se termine invariablement dans la boutique d’un cousin.

Le soir, la place Jemaa el-Fna se transforme : conteurs, musiciens gnaoua, vendeurs de jus d’orange et stands de grillades qui s’installent à la tombée du jour. C’est classé au patrimoine immatériel de l’UNESCO, et c’est un spectacle en soi. À noter : si l’on te tend un serpent, un singe ou un henné, c’est payant — et cher. Pareil pour les photos.
Les tombeaux saadiens

Voici une pépite que beaucoup ratent. Les tombeaux saadiens abritent la nécropole de la dynastie saadienne, dont le sultan Ahmed al-Mansour, mort en 1603. Ils ont été murés au XVIIIᵉ siècle par son successeur et sont restés oubliés jusqu’en 1917, quand une photographie aérienne les a révélés. C’est pour ça qu’ils sont si bien conservés.
La salle des Douze Colonnes, avec son marbre de Carrare et ses stucs ciselés, est l’un des plus beaux intérieurs du Maroc. En revanche, l’espace est minuscule et la file peut être longue : viens à l’ouverture, ou en fin d’après-midi.
Le jardin Majorelle et le musée Yves Saint Laurent

Impossible de savoir que faire à Marrakech sans passer par le jardin Majorelle et son bleu électrique, devenu une couleur à part entière. Créé par le peintre Jacques Majorelle dans les années 1920, le jardin allait être loti quand Yves Saint Laurent et Pierre Bergé l’ont racheté en 1980 pour le sauver. Les cendres du couturier y ont été dispersées.

Côté pratique, tout a changé et c’est important : la réservation en ligne est obligatoire depuis 2023, avec un créneau horaire, exclusivement sur le site officiel. Compte environ 150 dirhams pour le jardin seul et autour de 300 dirhams pour le billet combiné avec le musée berbère et le musée Yves Saint Laurent. Ouvert de 8 h à 18 h 30, dernière entrée à 18 h.
Surtout, choisis bien ton créneau : 8 h à l’ouverture ou entre 12 h 30 et 14 h, quand les groupes partent déjeuner. En milieu de matinée, le jardin est saturé et la photo au mur bleu devient une file d’attente.

La Ménara et les jardins de Marrakech

À l’ouest de la ville, la Ménara est un immense bassin d’irrigation creusé au XIIᵉ siècle, bordé d’oliviers et surmonté d’un pavillon saadien. Par temps clair, l’Atlas enneigé se reflète dans l’eau : c’est l’une des images les plus célèbres du Maroc, et l’entrée du jardin est gratuite.

D’ailleurs, si tu aimes les jardins, Marrakech en regorge : le Jardin Secret en pleine médina, les jardins de l’Agdal, ou le paisible parc Lalla Hasna près de la Koutoubia. Dans une ville aussi dense, ce sont de vrais poumons — et des refuges quand la chaleur monte.
Dormir dans un riad

Si tu ne devais retenir qu’un conseil, ce serait celui-ci : dors dans un riad, pas dans un hôtel de la ville nouvelle. Un riad est une maison traditionnelle organisée autour d’un patio intérieur, souvent avec une fontaine et une terrasse sur le toit. De l’extérieur, on ne voit qu’une porte dans un mur ; à l’intérieur, c’est un autre monde, frais et silencieux, à deux pas du vacarme des souks.

Nous avons séjourné au Riad Lotus Privilege, dans la médina. À noter pour ton arrivée : la plupart des riads ne sont pas accessibles en voiture. Demande qu’on vienne te chercher à l’entrée du quartier — sinon tu finiras avec ta valise sur les pavés, à chercher une porte anonyme dans une ruelle sans nom.


Manger à Marrakech

On a très bien mangé, et c’est peut-être la plus grande surprise de Marrakech. Le tajine évidemment, mais goûte surtout la pastilla — cette tourte feuilletée sucrée-salée au pigeon ou au poulet, saupoudrée de cannelle et de sucre glace — et le tanjia, le plat marrakchi par excellence, cuit des heures dans les cendres du hammam.
Par ailleurs, ne rate pas le rituel du thé à la menthe, versé de haut pour le faire mousser. Et pour un dîner en terrasse, vise le coucher de soleil face à la Koutoubia : la lumière sur les murs ocre à cette heure-là justifie à elle seule le voyage.
✨ Alors, que faire à Marrakech ?
Au fond, savoir que faire à Marrakech, c’est surtout accepter d’alterner. Une matinée dans l’intensité des souks, un après-midi dans le silence d’un jardin, une nuit dans le patio d’un riad. La ville épuise si on la subit, et enchante dès qu’on adopte son rythme. Deux ou trois jours suffisent pour l’essentiel, quatre pour y ajouter une escapade vers l’Atlas ou la vallée de l’Ourika.
Si tu aimes ces villes où l’on se perd volontiers, va lire mon itinéraire de 3 jours à Istanbul ou mon carnet au Caire.
Et toi, tu partirais à Marrakech pour les souks ou pour les jardins ? 💛