
Tu rêves d’un voyage au Mexique et tu hésites entre les Caraïbes et le Pacifique ? J’ai fait les deux dans le même séjour : Tulum et Puerto Vallarta, deux villes, deux océans, deux ambiances qui n’ont presque rien en commun. Dans ce carnet de voyage, je te partage les ruines mayas, les cenotes, les plages, mes quatre adresses et — surtout — ce que les jolies photos ne montrent jamais. Alors, suis le guide.

Tulum et Puerto Vallarta : attention, deux Mexiques opposés
D’abord, la chose que personne ne précise et qui change complètement l’organisation : Tulum et Puerto Vallarta ne sont pas voisines. Tulum est sur la côte caraïbe, dans le Yucatán, à l’est. Puerto Vallarta est sur le Pacifique, à l’ouest, à plus de deux mille kilomètres de là. Combiner les deux suppose un vol intérieur d’environ quatre heures, ou un passage par Mexico. Ce n’est pas un road trip : ce sont deux voyages en un.
Ensuite, une bonne nouvelle logistique. Depuis le 1er décembre 2023, Tulum a son propre aéroport international (code TQO, aéroport Felipe Carrillo Puerto), à une vingtaine de kilomètres du centre, soit environ quarante minutes de route. Avant, il fallait atterrir à Cancún et compter deux heures de transfert. Vérifie les deux options quand tu réserves : selon la saison, Cancún reste souvent moins cher depuis l’Europe.
Que faire à Tulum : les ruines mayas au bord de l’eau

Impossible de parler de Tulum sans commencer par ce qui lui a donné son nom : le site archéologique, seule cité maya construite en bord de mer, perchée sur une falaise face aux Caraïbes. C’est petit, ça se visite en une heure et demie à deux heures, et la vue depuis le Castillo est saisissante.
À noter, parce que les règles ont changé récemment : l’accès se fait désormais par le Parc du Jaguar, une aire protégée de 2 900 hectares ouverte en 2024. Il faut donc deux billets — environ 210 pesos pour les ruines et 305 pesos pour le parc, soit une trentaine de dollars par personne au total. Le site ouvre à 8 h et ferme à 17 h, dernière entrée vers 15 h 30. Viens à l’ouverture : à 10 h il n’y a plus d’ombre et plus de place pour une photo. On peut descendre se baigner sur la petite plage en contrebas, mais les courants y sont forts.
Les cenotes : le monde souterrain de la Riviera Maya

Les cenotes sont des puits naturels d’eau douce, formés par l’effondrement de la roche calcaire. Pour les Mayas, c’étaient des portes vers le monde souterrain ; aujourd’hui, ce sont les plus belles baignades du Yucatán. L’eau y est translucide, fraîche et immobile, entre stalactites et racines suspendues.
Les plus connus autour de Tulum sont le Gran Cenote, à quelques minutes du centre, et Dos Ojos, spectaculaire pour la plongée. Emporte masque et tuba. Surtout, un point non négociable : la crème solaire est interdite dans les cenotes, même la version « biodégradable ». Les filtres chimiques détruisent l’écosystème de ces nappes fermées, et on te demandera de te doucher avant d’entrer. Prévois plutôt un lycra à manches longues.
Les plages de Tulum — et ce qu’on ne te dit pas

Les plages de Tulum méritent leur réputation : du sable blanc et fin comme de la farine, des palmiers penchés, une eau turquoise. Playa Paraíso est la plus connue, avec ses bars de plage où siroter un cocktail les pieds dans le sable.

Mais soyons honnêtes, parce que je préfère que tu le saches avant de réserver : les sargasses. Ces algues brunes s’échouent massivement sur toute la côte caraïbe, Tulum en première ligne, généralement de mars à septembre, avec un pic entre avril et juillet. Quand elles arrivent, la plage de carte postale devient une plage jonchée d’algues qui sentent fort, et la baignade est désagréable voire impossible.

Trois façons de s’en sortir. D’abord, viens plutôt entre novembre et février, la meilleure période de toute façon. Ensuite, consulte les cartes de suivi des sargasses et les webcams avant de partir : la situation change d’une semaine à l’autre. Enfin, prévois un séjour qui ne repose pas uniquement sur la plage — cenotes, ruines, la lagune de Bacalar, Holbox ou Isla Mujeres, beaucoup moins touchées.


Où dormir à Tulum : Kiki Tulum et Nerea Tulum
Première adresse, le Kiki Tulum*. À noter pour éviter la déception : ce ne sont pas des bungalows sur la plage mais huit appartements de charme dans le quartier d’Aldea Zamá, à l’intérieur des terres, avec piscine et terrasse sur le toit. C’est lumineux, décoré avec goût, très bien pour une famille ou un groupe — et nettement plus abordable que la route des hôtels de plage. Compte un taxi ou un vélo pour rejoindre la mer.



Deuxième adresse, et celle-là est les pieds dans l’eau : le Nerea Tulum*, vingt-deux chambres et suites posées dans la baie de Tankah, à une quinzaine de kilomètres au nord de Tulum. C’est ce qui fait tout son intérêt : la baie est abritée par le récif, donc beaucoup plus calme, et loin de l’agitation de la route des plages. Ponton privé, spa, chambres face à la mer. Une vraie parenthèse.





Puerto Vallarta, l’autre Mexique

Changement complet de décor. Puerto Vallarta est sur le Pacifique, dans l’État de Jalisco, adossée à la Sierra Madre : la mer y est plus sombre, plus agitée, les montagnes descendent jusqu’à la plage et la ville a gardé une vraie vie mexicaine. Là où Tulum est devenue une destination d’Instagram, Puerto Vallarta reste une ville où l’on habite.

Côté plages, la plus animée est la Playa Los Muertos, dans la Zona Romántica, avec son ponton en forme de voile. Par ailleurs, deux excursions valent vraiment le détour depuis la baie : les îles Marietas et leur plage cachée au fond d’un cratère, et — si tu viens entre décembre et mars — l’observation des baleines à bosse, qui viennent mettre bas dans la baie de Banderas. C’est l’un des meilleurs spots du Pacifique pour ça.



Le centre historique et le Malecón
Le vieux Puerto Vallarta est charmant : maisons colorées, rues pavées, bougainvilliers partout. Ne manque pas l’église Nuestra Señora de Guadalupe et sa couronne en fer forgé perchée sur le clocher — c’est le symbole de la ville. Ensuite, longe le Malecón, le boulevard du bord de mer, ponctué de sculptures en bronze devenues des points de rendez-vous.

D’ailleurs, un conseil : viens en fin d’après-midi. Le Malecón s’anime à la tombée du jour, les voladores de Papantla descendent de leur mât, et le coucher de soleil sur le Pacifique est spectaculaire. Un moment suspendu.
Manger à Puerto Vallarta : tacos, ceviche et birria

Puerto Vallarta est un vrai terrain de jeu culinaire, et la bonne nouvelle : le meilleur n’est pas le plus cher. Les tacos al pastor se mangent debout dans la rue pour quelques pesos, et ils valent souvent mieux que les assiettes des restaurants du front de mer.

Goûte aussi le ceviche de la côte, la birria — ce ragoût de viande longuement mijoté, spécialité du Jalisco — et, puisque tu es dans l’État qui produit la tequila, une vraie tequila 100 % agave, sirotée lentement, sans sel ni citron. À noter : dans les stands de rue, le taco se paie à l’unité, et on ajoute la sauce soi-même. Commence doucement.

Où dormir à Puerto Vallarta : San Trópico et Delta Riviera Nayarit
Le San Trópico* est un hôtel boutique à la décoration tropicale très colorée, situé dans le quartier de Marina Vallarta : piscine extérieure, bain à remous, bar à smoothies. C’est l’adresse où décompresser en sirotant une margarita, à quelques minutes de l’aéroport et de la marina.



Enfin, le Delta Riviera Nayarit*, un resort tout compris niché dans la végétation à La Cruz de Huanacaxtle. Petite précision utile : ce n’est pas à Puerto Vallarta mais dans l’État voisin du Nayarit, à une quarantaine de minutes au nord — la Riviera Nayarit, plus calme et plus verte que la ville. Spa, plusieurs piscines, restaurants, chambres spacieuses.

*Article en collaboration.
✨ Alors, Tulum ou Puerto Vallarta ?
Au fond, Tulum et Puerto Vallarta ne s’adressent pas aux mêmes envies. Tulum, c’est le turquoise, les cenotes, les ruines mayas et une esthétique très travaillée — à condition d’éviter la saison des sargasses. Puerto Vallarta, c’est le Pacifique, les montagnes, les tacos de rue et une ville qui vit pour elle-même autant que pour ses visiteurs. Si tu ne peux en choisir qu’une : Tulum pour la beauté, Puerto Vallarta pour l’authenticité.
Et si tu aimes ces voyages où l’on passe de la plage à la culture, va lire mon carnet au Caire ou mon séjour à Zanzibar.
Et toi, tu partirais plutôt côté Caraïbes ou côté Pacifique ? 💛