Tu te souviens de la bande-son de « The Beach » ? Moi, il m’a suffi de poser un pied sur le sable de Phi Phi pour l’avoir en boucle dans la tête pendant trois jours. C’est exactement ça, Phuket : une carte postale que tu crois connaître par cœur, et qui te surprend quand même. Je reviens de Thaïlande, et contrairement à mon voyage au Sri Lanka, je suis rentrée réellement reposée : mes vacances se sont résumées à plage-piscine-dodo. Alors je te raconte les trois plages qui valent le détour, ce qui a changé à Maya Bay depuis mon séjour, et tout ce qu’il faut savoir avant de réserver. Alors, suis le guide.

Que faire à Phuket : l’essentiel avant de partir
D’abord, les formalités, parce qu’elles ont changé récemment et que beaucoup de guides en ligne sont périmés. Depuis le 15 septembre 2026, l’exemption de visa pour les Belges, les Français et les Suisses est repassée de 60 à 30 jours. Au-delà, il faut un e-Visa touristique (TR) demandé avant le départ. À noter : la TDAC, la carte d’arrivée numérique, est obligatoire pour tout le monde depuis mai 2025, à remplir dans les 72 heures avant l’arrivée sur le site officiel de l’immigration. C’est gratuit : si un site te fait payer, ce n’est pas le bon.
Ensuite, la saison. La côte d’Andaman vit au rythme de la mousson du sud-ouest : novembre à avril pour une mer calme et des journées sèches, mai à octobre pour la basse saison, les averses et surtout une mer qui devient dangereuse. Moi, je suis partie en juillet. En pleine mousson, donc. Ce qui explique assez bien le programme plage-piscine-dodo.
Et puisqu’on en parle : les courants d’arrachement font des victimes chaque année sur les plages ouest de l’île. Un drapeau rouge planté sur le sable n’est pas une suggestion. Si tu te fais emporter, la règle est contre-intuitive mais elle sauve des vies : ne lutte pas contre le courant, laisse-toi porter, puis nage latéralement pour en sortir par le côté. Et fais de grands signes aux sauveteurs.
- Meilleure période : novembre à avril
- Formalités : 30 jours sans visa depuis le 15/09/2026 + TDAC obligatoire
- Vol : comptez une escale depuis Bruxelles, l’aéroport est à une heure de Karon
- Sur place : Grab fonctionne très bien, bien mieux que les taxis à la course
Laem Singh Beach, la crique cachée de Phuket
C’est ma plage préférée de l’île, et probablement la plus photogénique : une petite anse de sable clair coincée entre deux caps de granit, entre Surin et Kamala. Impossible de résumer Phuket à ses grandes plages d’hôtels sans passer par ici.

Par ailleurs, une mise à jour importante depuis mon séjour : l’escalier de la falaise est fermé depuis un litige foncier en 2017. On n’accède donc plus à la crique par le haut. Deux solutions restent : un sentier rocailleux de 15 à 20 minutes qui part de l’extrémité sud de Surin Beach, avec un passage d’escalade sur des blocs au début (oublie les tongs, vraiment), ou un bateau longtail depuis ce même bout de plage, autour de 100 bahts par personne l’aller. Le bateau ne circule pas par gros temps.

Sur place : un petit restaurant thaï sur une terrasse en bois, en espèces uniquement. Et c’est tout. Pas de toilettes, pas de boutique, pas de distributeur, pas de maître-nageur. Emporte ton eau. Le snorkeling est joli autour des deux pointes, mais il y a des rochers immergés et le fond descend vite dès qu’on quitte la bande de sable : garde un œil sur les enfants.

Quand tu prends la pose et qu’une vague s’en mêle…


Phi Phi Island, l’excursion incontournable depuis Phuket
J’espère que tu as vu « The Beach » avec Leonardo DiCaprio, parce qu’en regardant ces photos tu vas avoir la bande-originale dans la tête. Toute la journée.

D’abord, la logistique, parce que c’est là que la plupart des gens se trompent. Tout part du Rassada Pier, à cinq kilomètres à l’est de Phuket Town, soit 30 à 45 minutes de Karon en Grab. Deux options :
- Le ferry public : 450 à 600 bahts l’aller, environ 900 bahts l’aller-retour, 2 heures de trajet, départ vers 8h30. Le plus économique, et franchement agréable par mer calme.
- Le speedboat en excursion : 1 500 à 3 500 bahts selon ce qui est inclus, 50 à 60 minutes de trajet. Les formules à partir de 2 000 bahts incluent généralement le déjeuner, le matériel de snorkeling et les frais de parc.
Surtout, vérifie un point avant de payer : les frais du parc national sont de 400 bahts par adulte étranger et 200 bahts par enfant de 3 à 14 ans, et ils ne sont pas toujours compris dans le prix affiché. C’est la mauvaise surprise classique au moment de débarquer.






Maya Bay : les règles ont complètement changé
Voilà la partie de l’article que je tiens le plus à mettre à jour, parce que si tu pars avec mes souvenirs en tête tu vas au-devant d’une déception. Maya Bay, la crique du film, sur Ko Phi Phi Leh, a été fermée de 2018 à janvier 2022 pour laisser l’écosystème se refaire une santé. Elle a rouvert, mais plus du tout dans les mêmes conditions.

Ce qu’il faut savoir avant de réserver ton excursion :
- La baignade n’est plus autorisée. On entre dans l’eau jusqu’aux genoux, pas plus. Des rangers font respecter la règle.
- Les bateaux n’accostent plus sur la plage : ils s’amarrent à Loh Samah Bay, à l’arrière de l’île, et on rejoint la crique par une passerelle en bois.
- Fermeture annuelle du 1er août au 30 septembre pour la régénération. Réouverture le 1er octobre. (Au moment où j’écris ces lignes, elle est donc fermée.)
- Environ une heure sur place, par créneaux attribués aux opérateurs. La baie est saturée dès 10h30 : les départs de 7h du matin sont les seuls qui offrent un vrai moment de calme.
- Les drones sont interdits sans autorisation, et c’est contrôlé.
La raison de tout ça est plutôt belle, d’ailleurs. Pendant les quatre années de fermeture, les requins à pointes noires sont revenus : on en compte aujourd’hui jusqu’à une quarantaine par jour dans la baie, dont des juvéniles qui se réfugient précisément dans les eaux peu profondes où barbotaient les touristes. D’où la limite aux genoux. Ils sont totalement inoffensifs, et les voir passer à quelques mètres vaut largement le renoncement à une brasse.



What happens in Phi Phi… stays in Phi Phi !


Karon Beach : la plage où j’ai posé mes valises
Si tu hésites sur où dormir à Phuket, Karon est un excellent compromis. Trois kilomètres et demi de sable très fin, la deuxième plage la plus fréquentée de l’île après Patong, mais sans le tumulte de Patong. Assez animée pour trouver un restaurant à vingt heures, assez calme pour que les enfants dorment.

D’ailleurs, un détail que personne ne précise jamais : le sable de Karon crisse sous les pieds. C’est un bruit très particulier, un peu comme de la neige fraîche, et c’est devenu le son que j’associe à ces vacances.


En revanche, même avertissement qu’ailleurs sur la côte ouest : de mai à octobre, Karon est une des plages où les courants d’arrachement sont les plus traîtres. Les maîtres-nageurs plantent les drapeaux rouges pour de bonnes raisons. Piscine ces jours-là, et tout le monde rentre entier.

Où dormir à Phuket : le flat deux chambres du resort
Nous étions au bout de la plage, dans ce qui s’appelait à l’époque le Mövenpick Resort & Spa Karon Beach. À noter si tu cherches l’adresse aujourd’hui : l’hôtel a changé d’enseigne en janvier 2022 et s’appelle désormais le Paradox Resort Phuket, toujours au 509 Patak Road, toujours les pieds dans le sable de Karon. J’ai mis le lien à jour, l’ancien ne menait plus nulle part.

Ce qui m’avait convaincue, c’était la formule résidence deux chambres : 120 m², un vrai salon, une kitchenette et un balcon. Avec des enfants, la kitchenette change tout : tu n’es pas obligée de sortir pour un petit-déjeuner ou un biberon, et la sieste de l’un ne réveille pas l’autre. C’est moins photogénique qu’une villa avec piscine privée sur Instagram, et infiniment plus reposant dans la vraie vie. Les mêmes résidences existent toujours, en version jardin ou en version front de mer.

✨ Alors, que faire à Phuket ?
Au fond, Phuket n’est pas la destination que je croyais. Je l’imaginais saturée et un peu clinquante, et j’y ai trouvé une crique de granit sans maître-nageur ni distributeur, des requins de récif qu’on protège en nous empêchant de nager, et une plage dont le sable chante quand on marche dessus. Si tu y vas : novembre à avril, ta TDAC remplie, un départ à 7h pour Maya Bay, et le respect des drapeaux rouges. Le reste, c’est plage-piscine-dodo. Et c’est exactement ce que j’étais venue chercher.

Et toi, tu es plutôt excursion à 7h du matin pour avoir la plage à soi, ou grasse matinée et transat ? Dis-le-moi en commentaire, je suis curieuse. 💛
*Article en collaboration